L'adhésion à la volonté de Dieu et l'humilité (cf. Lc 1, 38)

🗓 𝐒𝐚𝐦𝐞𝐝𝐢 𝟎𝟑 𝐎𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟎
⛪ 𝐋𝐞 𝐒𝐚𝐦𝐞𝐝𝐢 𝐝𝐮 𝐑𝐨𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞 ✝️
« 𝑀𝑎𝑟𝑖𝑒 𝑑𝑖𝑡 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠 : "𝐽𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑙𝑎 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑑𝑢 𝑆𝑒𝑖𝑔𝑛𝑒𝑢𝑟 ; 𝑞𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑚’𝑎𝑑𝑣𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑠𝑒𝑙𝑜𝑛 𝑡𝑎 𝑝𝑎𝑟𝑜𝑙𝑒." 𝐴𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑙’𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑙𝑎 𝑞𝑢𝑖𝑡𝑡𝑎 » (𝐿𝑐 1, 38).
𝐋'𝐀𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐌𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐨𝐲𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐮 𝐑𝐨𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞, un mystère que retrace l'annonce de la venue du Messie par l'ange du Seigneur à la Vierge Marie. Cette « jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph » (Cf. Lc 1, 27)...
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐯𝐚 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐢𝐜𝐢 𝐜'𝐞𝐬𝐭 𝐥'𝐚𝐝𝐡𝐞́𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐚𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐧 𝐡𝐮𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́.
𝐂𝐞 𝐦𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝 𝐥'𝐡𝐮𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞 𝐕𝐢𝐞𝐫𝐠𝐞. Celle-ci est visible ou perceptible par le nom ou le titre qu'elle se donne : 𝐋𝐚 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐧𝐭𝐞. Luc décrit cette situation ou condition par le mot grec « δούλη (𝑑𝑜𝑢𝑙𝑒̂) » 𝑡𝑟𝑎𝑑𝑢𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑟 "𝑢𝑛𝑒 𝑒𝑠𝑐𝑙𝑎𝑣𝑒 𝑓𝑒́𝑚𝑖𝑛𝑖𝑛𝑒, 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑛𝑡𝑒" et vient de « δοῦλος (doulos)» c'est-à-dire "un esclave, homme de condition servile". La vierge ne dit pas : « διάκονος (diakonos) », c'est-à-dire " domestique, subordonné, messager, ou celui qui est aux ordres d'un autre, d'un maître : serviteur, intendant, ministre". Non, elle n'est pas ce type de servante. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥'𝐞𝐬𝐜𝐥𝐚𝐯𝐞. C'est-à-dire celle qui est totalement dépendante de son maître.
En clair, la Vierge ne se présente pas comme une fille d'Israël ou la Fille Sion (celle dont parlaient les prophètes), mais plutôt comme une esclave. En effet, alors que les Juifs se refusaient d'être vus ainsi, la preuve faite avec la grosse colère contre Jésus quand il disait : « Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : "Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres"» (Jn 8, 31-32). Et ils vont tout de suite rétorquer en disant : « "Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres ?” » (Jn 8, 33).
Dans la stratification de la société juive, l'esclave libre ou non occupait la dernière place, donc si la femme était déjà méprisée parce qu'elle « occupait une place moins honorable et rang inférieur par rapport à l'homme » (André Scrima, L'Évangile de Jean. Commentaire, 2017, p. 70), et que cette dernière était plus importante que l'esclave, allez-y savoir le regard porté sur l'esclave alors ...
Plus encore, 𝐞𝐧 𝐬𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐬𝐚𝐧𝐭 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐧𝐭𝐞, 𝐦𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐞𝐬𝐜𝐥𝐚𝐯𝐞, 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢̂𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮'𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐞𝐭 𝐚 𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐝 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮, ce qui est étonnant alors que l'ange du Seigneur venait de dire qu'elle est la Bénie de Dieu : « Χαῖρε, κεχαριτωμένη (𝐾ℎ𝑎𝑖̂𝑟𝑒 𝑘𝑒𝑘ℎ𝑎𝑟𝑖𝑡𝑜̂𝑚𝑒́𝑛𝑒̂) » 𝑡𝑟𝑎𝑑𝑢𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑟 𝑐𝑒𝑟𝑡𝑎𝑖𝑛𝑠 : "𝑅𝑒́𝑗𝑜𝑢𝑖𝑠-𝑡𝑜𝑖, 𝑐𝑜𝑚𝑏𝑙𝑒́𝑒 𝑑𝑒 𝑔𝑟𝑎̂𝑐𝑒" (𝐶𝑓. 𝐿𝑐 1, 28).
Mais d'autres y ont vu un titulaire, c'est un titre ou un nom de la Vierge : " 𝑅𝑒́𝑗𝑜𝑢𝑖𝑠-𝑡𝑜𝑖 𝑙𝑎 𝐵𝑒́𝑛𝑖𝑒". Mieux l'angle ajoute qu'elle a trouvé grâce auprès de Dieu (Cf. Lc 1, 30). Alors, elle aurait pu se présenter selon ces titres, mais non elle choisit d'être humble, car c'est sa nature.
Ainsi donc l'humilité n'est pas pour elle, un apparat ou une couverture comme un masque qu'on porte pour paraître bien et différent devant les gens. Non c'est l'essence même de la Vierge et la suite de sa vie nous le montrera...
Ce mystère nous enseigne aussi qu'𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐚𝐝𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞, la preuve c'est que la Vierge y adhère de tout cœur alors qu'elle ne saisit pas vraiment ce que l'ange lui dit, puisqu'elle est profondément troublée par la salutation de ce dernier (Cf. Lc 1, 29).
Alors l'adhésion à la volonté de Dieu devient manifeste par la disponibilité de la Sainte Vierge. En effet, rien dans le texte ne dit que la Sainte Vierge ait dit : "oui" à l'Ange. Mais on peut le lire par sa disponibilité : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38).
Cette disponibilité est bien traduite par l'évangéliste qui utilise à dessein : « γίνομαι (𝑔𝑖𝑛𝑜𝑚𝑎𝑖̈)» c'est-à-dire "devenir (venir dans l'existence, commencer à être), devenir, revenir au passé, arriver (pour des événements), provenir de, apparaître dans l'histoire (d'un homme apparaissant en public) ; être fait, terminé (miracles : réalisé, qui a eu lieu)".
On comprend ainsi que la Sainte Vierge est prête à tout vivre (on peut lire la confiance), elle est prête à s'engager même si elle ne sait pas ce qui peut lui arriver... elle dit que : "𝑄𝑢𝑒 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑚'𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣𝑒, 𝑚𝑖𝑟𝑎𝑐𝑙𝑒 𝑜𝑢 𝑒́𝑣𝑒́𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑛𝑜𝑟𝑚𝑎𝑙 𝑜𝑢 𝑛𝑜𝑛..." En sachant qu'elle s'adresse à l'ange de Seigneur (ou à Dieu Lui-même selon certains), la possibilité de l'irrationnel y est incluse, c'est-à-dire la Sainte Vierge Marie s'attend ou est prête à vivre tout ce qui est possible jusqu'à l'impossible, ou le déraisonnable pour les hommes, puisque l'ange lui a déjà dit que « rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37) avec deux preuves à l'appui : sa grossesse à venir alors qu'elle est vierge (Cf. Lc 1, 31. 35), et celle de sa cousine Élisabéth qui a déjà dépassé l'âge de la ménopause (Cf. Lc 1, 36).
De ce fait, nous sommes invités à avoir une attitude différente, une attitude qui rend compte de l'espérance que nous avons pour ce Dieu qui nous aime et nous veut dans son projet (Cf. 1P 3, 15). Parce qu'à nous aujourd'hui, 𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐌𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐉𝐨𝐲𝐞𝐮𝐱 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐣𝐨𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐞𝐧𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐒𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐮𝐫, 𝐥'𝐡𝐮𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐪𝐮𝐢 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐧𝐨̂𝐭𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐬𝐢𝐭𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐮 𝐧𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐞𝐭 𝐥'𝐚𝐝𝐡𝐞́𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐩𝐭𝐞 𝐚𝐮 𝐩𝐫𝐨𝐣𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮. Ce Dieu qui peut tout faire seul, mais qui demande notre participation juste en raison de l'Amour qu'il éprouve pour chacun.
🙏🏽 𝐈𝐧𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 :
Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, intercède :
1. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑛𝑓𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑚𝑒𝑢𝑟𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑒 𝑠𝑒𝑖𝑛 𝑚𝑎𝑡𝑒𝑟𝑛𝑒𝑙, 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑚𝑎𝑚𝑎𝑛 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑢𝑝𝑙𝑒𝑠 𝑞𝑢𝑖 𝑝𝑒𝑢𝑣𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑐𝑒𝑣𝑜𝑖𝑟 ;
2. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑐𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑖 𝑛'𝑜𝑠𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑐𝑟𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝐷𝑖𝑒𝑢 𝑎 𝑢𝑛 𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡 𝑑'𝑎𝑚𝑜𝑢𝑟 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑒𝑢𝑥 ;
3. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑐𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑒 𝑙'𝑜𝑟𝑔𝑢𝑒𝑖𝑙 𝑝𝑒𝑟𝑑 𝑒𝑡 𝑎 𝑝𝑒𝑟𝑑𝑢𝑠.
Ainsi prions le Seigneur, afin que nous sachions nous engager, malgré les situations de la vie, dans le projet d'amour de Dieu en toute humilité, pour notre salut et celui de nos frères.
✍🏽𝐒𝐢𝐫 𝐋𝐲𝐡𝐚𝐦




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