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« Aucun homme, sur terre, n'est assez juste pour faire le bien sans jamais pécher » (Qo 7, 20)

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Autrement dit avec Sancte
21 sept. 2020
5 min de lecture



🗓 𝐋𝐮𝐧𝐝𝐢 𝟐𝟏 𝐒𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟎


⛪ 𝐒𝐀𝐈𝐍𝐓 𝐌𝐀𝐓𝐓𝐇𝐈𝐄𝐔, 𝐀𝐩𝐨̂𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐄́𝐯𝐚𝐧𝐠𝐞́𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞




« 𝑉𝑜𝑦𝑎𝑛𝑡 𝑐𝑒𝑙𝑎, 𝑙𝑒𝑠 𝑝ℎ𝑎𝑟𝑖𝑠𝑖𝑒𝑛𝑠 𝑑𝑖𝑠𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑖𝑠𝑐𝑖𝑝𝑙𝑒𝑠 : "𝑃𝑜𝑢𝑟𝑞𝑢𝑜𝑖 𝑣𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑚𝑎𝑖̂𝑡𝑟𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑔𝑒-𝑡-𝑖𝑙 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑙𝑒𝑠 𝑟𝑒́𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑒𝑡 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑒́𝑐ℎ𝑒𝑢𝑟𝑠 ? » (𝑀𝑡 9, 11).


𝐍𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐥𝐥𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐫𝐫𝐞̂𝐭𝐞𝐫 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐚𝐫𝐢𝐬𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐩𝐨𝐬𝐞́𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐢𝐩𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐉𝐞́𝐬𝐮𝐬. 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐞𝐧𝐜𝐡𝐞𝐫𝐨𝐧𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐥'𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐚𝐫𝐢𝐬𝐢𝐞𝐧𝐬.


De prime à bord, il faut dire que si les évangiles selon Saint Matthieu et selon Marc ne nous donnent pas le nom de l'organisation du repas, « Luc dit même expressément ce que laissent entendre les deux autres : 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐬𝐭 𝐨𝐟𝐟𝐞𝐫𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐋𝐞́𝐯𝐢, 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢-𝐥𝐚̀ 𝐪𝐮𝐞 𝐉𝐞́𝐬𝐮𝐬 𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝'𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐞𝐫. Donc « la maison » et « la table » dont parlaient Mt et Mc sont bien celles du nouvel Apôtre » (Bible chrétienne, II* Commentaire, 1988, p. 196).


Ensuite, 𝐢𝐥 𝐲 𝐚 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞𝐬 : 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐝𝐞𝐬 « 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 » 𝐞𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐝𝐞𝐬 « 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫𝐬 ». « Des ⁿ qu'elles impliquaient, au moins en général » (Bible chrétienne, II* Commentaire, 1988, p. 197) Mais qui sont les pécheurs pour les pharisiens ?


Pour ce qui est du groupe des pécheurs, il faut dire qu'« au temps de Jésus pouvaient être ainsi dénommés - et tenus à l'écart par les < purs > - soit ceux qui exerçaient des métiers réprouvés par la Loi (par exemple : les usuriers) ou même peut-être simplement méprisés, soit ceux qui ne pratiquaient pas la Loi, étant infidèles à l'Alliance, soit enfin (par une généralisation abusive), tous les païens » (Bible chrétienne, II* Commentaire, 1988, p. 197).


On peut tirer comme conclusion que 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐚𝐫𝐢𝐬𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐬𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐢𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐠𝐞𝐧𝐬 𝐩𝐮𝐫𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮'𝐢𝐥𝐬 𝐨𝐛𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐢𝐧𝐮𝐭𝐢𝐞𝐮𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐋𝐨𝐢, 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐧𝐨𝐦 𝐝𝐞 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐚𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐜𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐬'𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞́𝐥𝐨𝐢𝐠𝐧𝐞́𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐋𝐨𝐢 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐦𝐞́𝐭𝐢𝐞𝐫, 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐧𝐨𝐧-𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞-𝐜𝐢.


Venons à présent à la question des pharisiens. Celle-ci laisse entrevoir deux idées essentielles :


𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐢 𝐥'𝐮𝐭𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞 𝐬𝐞 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬. En effet, souvent quand on pose cette question, on veut signifier que nous, nous ne sommes pas ceux pour qui nous attribuons le titre de " pécheurs". A ce moment, nous nous mettons dans la peau des personnes irréprochables, alors que ce n'est pas toujours le cas. Parfois, c'est seulement parce que les gens ignorent ce que nous faisons dans le secret, et mieux encore parfois ceux que nous traitons de "mauvais" sont des meilleures personnes que nous. Cela peut être visible chez Matthieu...


Matthieu n'est pas si pécheur que çela puisque qu'il accepte de former une communauté avec le Seigneur, en acceptant de partager le repas avec lui. En effet, le « partage de la table crée entre les convives une communauté d'existence. Mais le repas peut avoir aussi un caractère sacré dans les religions païennes comme dans la Bible. On peut s'asseoir à la table des idoles et s'unir aux démons, ou prendre le repas du Seigneur pour communier à son Corps et à son Sang. À travers ce signe, c'est avec Dieu ou avec les puissances d'en bas que l'homme réalise la communauté d'existence à laquelle il aspire » (Pierre-Marie Galopin « Repas » in Vocabulaire de la Théologie Biblique, p. 1086-87).


Ainsi donc, 𝐞𝐧 𝐨𝐟𝐟𝐫𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐩𝐚𝐬 𝐚𝐮 𝐒𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐮𝐫, 𝐌𝐚𝐭𝐭𝐡𝐢𝐞𝐮 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮'𝐢𝐥 𝐚𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐨𝐧 ; il manifeste son désir de venir et de revenir vers son Seigneur.


Plus encore, le fait d'offrir le repas à quelqu'un est un signe de reconnaissance, « le plus simple repas, dans la Bible, est déjà un grand geste humain. Marque de politesse dans l'hospitalité (Gn 18, 1-5 ; Lc 24, 29) ou témoignage de reconnaissance (Mt 9, 11) » (Pierre-Marie Galopin « Repas » in Vocabulaire de la Théologie Biblique, p. 1087).


Et celui qui sait reconnaître le bien qu'on lui a fait, manifeste également qu'il n'est pas si mauvais que l'on puisse le penser. Puisque les pharisiens qui semblent être de bonnes personnes (selon eux-mêmes), n'ont pas une seule fois offert le repas au Seigneur. Et pourtant, il a fait tant de bonnes choses devant eux et ils le reconnaissent : « Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider ... » (Jn 10, 33).


𝐒𝐞𝐜𝐨𝐧𝐝𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐬𝐚𝐥𝐮𝐭, 𝐦𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐥𝐞 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬, c'est-à-dire les autres n'ont plus droit d'espérer à la rédemption, ou encore qu'il est venu pour une catégorie de personnes. Ce qui n'est pas vrai.


Le Christ Jésus est venu pour tous les hommes, aussi bien pour les bons que pour les mauvais. Parce que nul n'est assez juste pour se sauver soi-même. Tous nous sommes pécheurs donc condamnés (cf. Rm 3, 10. 23), sans le Christ nul peut être sauvé (cf. Jn 14, 6 ; Cependant cela ne veut pas dire que ceux qui n'ont pas connu le Christ, ou qui ne le connaîtront pas ne seront pas sauvés. Cela signifie simplement que le Christ est pour nous le moyen de salut, et c'est à Lui seul que revient de décider qui sera sauvé ou non : sa liberté souveraine).


Le Salut n'est pas basé sur combien nous sommes bons ou la quantité d'actes justes que nous avons posée. Beaucoup de gens pensent qu'ils iront au ciel parce qu'ils sont assez bons, alors qu'ils se trompent largement et, c'est même un signe que la vérité n'est pas en eux (cf. 1 Jn 1, 8).


Mais 𝐥𝐚 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐚𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞́𝐞 𝐞𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐥𝐚𝐦𝐞́𝐞 𝐚̀ 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐮𝐜𝐮𝐧𝐞. Autrement dit, la Bonne nouvelle du salut doit être annoncée au monde entier, à tout homme de chaque époque, dans les zones de résistance particulières, à ceux qui ne connaissent pas le Christ, aux déchristianisées, à des personnes marquées par le sécularisme, aux non-pratiquants, aux athées pragmatiques et à des communautés de base (Cf. Pape Paul VI, Ex-Ap Evangelii nuntiandi, n° 49-58, 8 décembre 1975). Pour ce fait, il faut des ouvriers aptes pour cette grande œuvre d’amour...


𝐃𝐞̀𝐬 𝐥𝐨𝐫𝐬, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐚̀ 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐬, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐚𝐯𝐨𝐧𝐬 𝐛𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐝𝐮 𝐬𝐚𝐥𝐮𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐞𝐧 𝐉𝐞́𝐬𝐮𝐬. 𝐏𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐬𝐞 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐬𝐨𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞, 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐜𝐞𝐥𝐚 𝐧𝐞 𝐬𝐞𝐫𝐭 𝐚̀ 𝐫𝐢𝐞𝐧 𝐝'𝐢𝐧𝐜𝐫𝐢𝐦𝐢𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬. 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐭𝐨̂𝐭 𝐩𝐫𝐢𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐞𝐮𝐱, 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐁𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐉𝐞́𝐬𝐮𝐬.


Ainsi prions le Seigneur, afin que nos bonnes actions ne nous fassent pas croire que nous sommes plus justes que les autres, ou que nous méritons davantage le salut. Que le Saint-Esprit ne cesse de nous faire comprendre que nous avons tous besoin du salut de Jésus le seul Vrai Juste.



✍🏽 𝐒𝐢𝐫 𝐋𝐲𝐡𝐚𝐦


 
 
 

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